La transfusion

Ce document est destiné à vous informer sur la transfusion sanguine, ses avantages et ses risques, ainsi que sur les examens à réaliser avant et après celle-ci. En fonction du type de chirurgie et de votre état de santé vous recevrez en consultation une information spécifique sur les techniques et le risque transfusionnels.

Il existe une probabilité que vous soyez transfusé(e) pendant votre opération (alors que vous serez sous anesthésie). Si vous avez bénéficié de produits sanguins durant l'anesthésie, vous en serez informé et un suivi post-transfusionnel sera mis en place.

A quoi sert une transfusion et quels en sont les principaux risques ?

  • La transfusion est un traitement qui peut être nécessaire en cas de manque de globules rouges, de plaquettes, de facteurs de coagulation et/ou de globules blancs.
  • La transfusion comporte des avantages et des inconvénients.
  • Elle n'est envisagée par votre médecin que lorsque les bénéfices attendus pour votre santé sont supérieurs aux risques encourus.
  • Les inconvénients sont rares et le plus souvent sans gravité.
  • Les précautions prises permettent de rendre exceptionnels les risques liés aux très nombreux groupes sanguins et ceux liés à la transmission d'infections, notamment les hépatites et le SIDA.

Quelle surveillance en cas de transfusion ?

  • Il est recommandé de faire réaliser les examens appropriés trois mois après la transfusion. L'interprétation des résultats nécessite de faire les mêmes examens avant la transfusion,
  • Il vous sera remis un document comportant la nature et le nombre de produits sanguins que vous aurez reçus. Il est important de conserver ces documents.

Les produits et leurs indications

Les produits sanguins sont les globules rouges, le plasma frais congelé, les plaquettes

Ces produits proviennent du don de sang de donneurs bénévoles. Ils sont rigoureusement contrôlés et répondent à des normes obligatoires de sécurité et de qualité : sélection des donneurs, tests de dépistage sur chaque don, règles pour assurer la qualité sur toute la chaîne depuis le donneur jusqu'au receveur.

Les globules rouges ont pour fonction le transport de l'oxygène vers les tissus. Leur transfusion est nécessaire en cas d'anémie importante successive à une HEMORRAGIE et/ou signes de mauvaise tolérance de celle-ci, dans le but d'éviter des complications, notamment cardiaques.

Le plasma frais congelé contient les facteurs permettant la coagulation du sang et les plaquettes sont indispensables à la formation d'un caillot. Leurs transfusions permettent de prévenir une hémorragie ou d'en faciliter l'arrêt.

Les risques connus

La transfusion sanguine comporte des risques

Des réactions sans conséquences graves peuvent survenir pendant et après transfusion :

  • l'urticaire,
  • des frissons,
  • de la fièvre sans cause infectieuse.

Les autres risques sont aujourd'hui limités grâce aux mesures déjà prises.

Il s'agit :

  •   De l'apparition d'anticorps irréguliers (dans 1 à 5 % des cas), ce qui peut avoir des conséquences en cas de transfusion ultérieure.
  •   Des risques résiduels de contamination

Ils continuent de diminuer avec les progrès des connaissances et des techniques.

Les estimations pour 1996 sont les suivantes :

  • 1 infection par le virus de l'hépatite B pour 180 000 transfusions
  • 1 infection par le virus de l'hépatite C pour 200 000 transfusions
  • 1 infection par des bactéries pour plus de 200 000 transfusions
  • 1 infection par le virus du Sida pour 1 million de transfusions

Les examens biologiques avant et après transfusion

Pour dépister et traiter si nécessaire d'éventuelles complications le plus tôt possible, il est recommandé de surveiller les personnes transfusées. Après une transfusion, il est obligatoire de pratiquer une recherche d'anticorps irréguliers ainsi que des tests de dépistage (notamment du virus de l'hépatite B, de l'hépatite C, du Sida) à réaliser trois mois après la transfusion, ou tous les six mois en cas de transfusions régulières. Il est important d'informer des résultats, soit le médecin traitant, soit le médecin qui a réalisé la transfusion.

En fonction de l'évolution des connaissances scientifiques, il pourrait être important, par exemple en cas d'apparition d'un risque encore inconnu à ce jour, de recontacter les personnes transfusées. C'est pourquoi, il est utile de faire inscrire ce traitement sur son carnet de santé lorsqu'on en dispose et d'informer son médecin traitant de ses changements de domicile ou de lieu de traitement.

Alternatives à la transfusion

La transfusion est le recours ultime lors de déficit en produits sanguins (globules rouges, plaquettes…).

Nous respectons toutes les obédiences religieuses et particulièrement nos patients témoins de Jéhovah. A ce titre nous sommes référencés par le comité de liaison hospitalière de Bourgogne Rhône-Alpes des témoins de Jéhovah. Nous ne dérogerons cependant pas à notre engagement moral et éthique de médecins de soigner les patients et de leur porter assistance par quelconque moyen de traitement y compris la transfusion autologue lorsque le risque vital survient.

En fonction de votre état de santé et de l’acte chirurgical pratiqué, lors de la consultation d’anesthésie (en dehors de l’urgence vitale), trois alternatives à la transfusion sanguine pourront être programmées :

  1. Système d'autotransfusion (Cell Saver®, Dideco®): nous disposons dans la Polyclinique de systèmes de recueil des pertes sanguines qui permettent  de traiter, purifier et reperfuser ces PROPRES  pertes sanguines. Cette technique est très répandue et particulièrement lors de la chirurgie orthopédique lourde de prothèse de hanche ou de genou. Toutefois il existe des contre-indications à cette technique (infections du sang, du site opératoire infecté, cancer…).
  2. Stimulation par une hormone de synthèse, l’érythropoïétine: elle permet d’augmenter le nombre de globules rouges. Il s’agit d’injections sous cutanées réalisées de 15 jours à 3 semaines avant l’intervention avec une supplémentation en fer. Cette technique comporte des contr- indications (antécédents de phlébite ou d’AVC, maladie de la crase sanguine..) et des effets secondaires très rares (douleurs abdominales, rougeurs au point d’injections…).
  3. Utilisation d’agent antifibrinolytique (acide tranexamique): l’utilisation de cet agent permet une activation PRECOCE et accélérée de la coagulation pour limiter le saignement. Il s’agit d’un médicament pro coagulant qui a été utilisé au départ dans la chirurgie cardiaque et qui a vu ses indications élargies.

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puceInformations des patients avant une transfusion sanguine