Risques et traitements de l'éventration

Cet article fait référence à la Chirurgie Viscérale et Digestive. Il a été rédigé par des chirurgiens viscéraux et digestifs exerçant à Mâcon.

eventrationQu'est-ce qu'une éventration ?

Une éventration correspond au passage de l’intestin à travers un orifice acquis, le plus souvent, une cicatrice opératoire. Elle peut apparaître de nombreuses années après l’intervention initiale. Elle est en principe indolore et parfaitement réductible. Son volume est très variable, de quelques centimètres, jusqu’à toute la longueur de la cicatrice ; elle peut alors être responsable de douleurs dorsales, voire de troubles respiratoires.

Les principaux facteurs favorisant son apparition sont les abcès ou les hématomes de paroi et une reprise des activités physiques trop rapide. On cite aussi l’obésité et l’insuffisance respiratoire.

Quels sont les risques d'une éventration ?

Le principal risque d’une éventration est l’étranglement, c’est-à-dire une anse intestinale coincée dans le collet de l’éventration. Sa survenue est imprévisible. Les signes qui doivent vous alerter sont l’apparition d’une douleur intense, d’apparition rapide et l’impossibilité de  réintégrer l’éventration. L’aggravation est l’apparition d’une occlusion intestinale, une intervention est alors nécessaire en urgence.

Quel est le traitement de l'éventration ?

La décision opératoire se prend en fonction de l’état général du patient et de ses antécédents (état cardiaque, respiratoire, obésité, signes urinaires et digestifs).

L'intervention se réalise le plus souvent sous anesthésie générale. Son but est de réduire l’éventration, puis de renforcer la paroi, soit par une suture simple, soit par l’interposition d’une prothèse (tissu de nylon parfaitement toléré par l’organisme). L’intervention se déroule soit en cœlioscopie, soit par voie traditionnelle.

Votre chirurgien vous exposera ces différents procédés, de façon à prendre ensemble la décision de telle ou telle intervention.

Après l'opération

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Lorsque l'intervention est terminée, vous êtes transféré en salle de réveil. On y surveillera votre état de conscience, votre pouls, votre saturation en oxygène, votre respiration. La durée d'hospitalisation varie, en général, de 1 à 5 jours pour certaines grosses éventrations.

Le plus souvent, vous reprendrez l'alimentation le soir même de l'intervention et dès le lendemain de façon tout à fait normale. Les pansements sont surveillés régulièrement. La reprise du transit intestinal marqué par l'émission de gaz se fait très rapidement, la plus part du temps, dans les heures qui suivent l'intervention.

Pendant votre convalescence, vous pourrez avoir une alimentation normale. Il n'y a pas lieu de donner de régime particulier en lien avec l’intervention. Progressivement vous pourrez reprendre une activité normale, au bout de 3 semaines en moyenne, en fonction des recommandations de votre chirurgien. Aucune surveillance particulière n'est nécessaire en dehors de la consultation post-opératoire qui sera fixée lors de votre départ.

Complications opératoires

Complications liées à toute chirurgie abdominale :

  • phlébite,
  • embolie pulmonaire,
  • hémorragie,
  • infection,
  • occlusion et bride intra-péritonéale.

Conversion de la cœlioscopie en chirurgie traditionnelle du fait de remaniements locaux. Hématome ou sérome en avant de la plaque, généralement de régression spontanée. Plus rare, la perforation de l'intestin qui nécessite une nouvelle intervention en urgence. A distance, récidive, du fait de la reprise trop précoce d’efforts physiques.

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