La crise d'appendicite et l'appendicectomie

Cet article fait référence à la Chirurgie Viscérale et Digestive. Il a été rédigé par des chirurgiens viscéraux et digestifs exerçant à Mâcon.

L'appendice est un organe lymphoïde, c'est à dire participant aux défenses immunitaires de l'organisme comme les amygdales. Il naît à la base du caécum, en bas et à droite de l'abdomen, son trajet ensuite peut être variable et remonter vers le foie, en arrière du caecum ou vers le milieu du ventre.

Qu'est-ce que l'appendicite ?

Il s'agit d'une inflammation ou d'une infection de l'appendice qui est obstrué par des matières fécales. C’est une des maladies les plus fréquentes en chirurgie digestive. Elle peut toucher les patients à tout âge.

  • Elle peut varier de l'appendicite congestive jusqu'à l'abcès appendiculaire.
  • En cas de diffusion de l’'infection, elle entraîne une péritonite, beaucoup plus grave.

Quels sont les signes d'appendicite ?

Les signes les plus fréquents sont une douleur dans la fosse iliaque droite, en bas et à droite du ventre, avec une fièvre aux alentours de 38°C, des nausées voire vomissements.

  • L’examen clinique met en évidence une défense de l’abdomen  lors de la palpation.
  • Les examens complémentaires peuvent mettre en évidence une augmentation des globules blancs, de la VS, de la CRP
  • L’échographie aide au diagnostic mais n’est pas fiable à 100%. Un scanner peut parfois aussi être utile.

Un des diagnostics différentiels est l’adénolymphite mésentérique. Il s’agit d’une infection virale des ganglions intra abdominaux qui grossissent et sont douloureux. L’évolution est spontanément favorable. Le diagnostic est donc difficile. La douleur peut se situer en haut du ventre, on peut ne pas avoir de fièvre, les globules blancs peuvent être normaux. Votre chirurgien vous expliquera sa décision opératoire.

Le traitement : l'appendicectomie

L'intervention consiste à enlever l’appendice et si nécessaire nettoyer la totalité de la cavité abdominale. La décision se prend en général rapidement, mais l’intervention s’impose rarement dans l’urgence absolue : mieux vaut, en l’absence de signes de gravité attendre le lendemain plutôt que de faire l’intervention au milieu de la nuit.

L'intervention se réalise sous anesthésie générale.
Elle est  réalisée dans la majorité de cas en cœlioscopie : à l'aide de 3 orifices de 5 à 10 mm.

appendicectomie

  • Le chirurgien insuffle l’abdomen avec du CO2, puis introduit une mini caméra et les instruments.
  • La durée de l’intervention est en général de 15 à 40 minutes suivant les difficultés rencontrées.

L’avantage de la cœlioscopie est de pouvoir localiser l’appendice s’il est en dehors de son emplacement habituel sans être obligé de faire de grandes incisions. On peut laver tout l’abdomen en cas de péritonite. La mise en place de drains est parfois nécessaire.

Cet abord peut néanmoins dans tous les cas être transformé en une incision traditionnelle lorsque les conditions locales le nécessitent.

Après l'opération

Lorsque l'intervention est terminée, vous êtes transféré en salle de réveil ; on y surveillera votre état de conscience, votre pouls, votre saturation en oxygène, votre respiration et les drains éventuels. En général, le soir ou lendemain de l'intervention, vous serez levé. Les drains seront progressivement enlevés dans les jours suivants.

L’hospitalisation varie de 1 à 5 jours en fonction de la gravité de l’appendicite. Vous reprendrez l'alimentation progressivement, en général le lendemain. La reprise du transit intestinal marqué par l'émission de gaz est très importante pour un retour vers la fonction normale.

Pendant votre convalescence, vous pourrez avoir une alimentation normale. Il n’y a pas lieu de donner de régime particulier. Progressivement au bout de quelques jours vous pourrez reprendre une activité normale  si vous avez été opéré par cœlioscopie. Votre chirurgien vous reverra en consultation post-opératoire et autorisera la reprise de vos activités physiques.

appendiceComplications opératoires

Les complications opératoires sont les complications liées à toute chirurgie. On cite exceptionnellement la phlébite, l’embolie pulmonaire, l’hémorragie, l’occlusion et la bride intra-péritonéale.

Pendant l’intervention, il est possible à titre exceptionnel d’avoir recours à une conversion c’est-à-dire d’ouvrir, du fait de remaniements locaux ou d’adhérences.

Parmi les complications propres à la chirurgie de  l’appendice, on décrit essentiellement des complications infectieuses :

  • Persistance d’une infection de la cavité abdominale avec constitution d’un abcès profond. Les signes sont une fièvre persistante, un état nauséeux, des envies fréquentes d’uriner. Il faut consulter de toute urgence le chirurgien qui vous a opéré, une réintervention est parfois nécessaire.
  • Abcès de paroi, le traitement local est souvent suffisant et passe par des méchages.

Notre établissement est classé 1er au rang régional au palmarès HOSCARE 2011 pour l’appendicectomie

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