Colectomie totale ou partielle - Chirurgie Colique

Cet article fait référence à la Chirurgie Viscérale et Digestive. Il a été rédigé par des chirurgiens viscéraux et digestifs exerçant à Mâcon.

La colectomie est l’ablation d’un segment du colon (gros intestin). Le colon mesure environ 1.50 mètre, fait suite à l’intestin grêle et se termine par le rectum, avant le canal anal.

La chirurgie peut être indiquée dans certaines indications :

  • Pathologie tumorale bénigne (polype) ou maligne (cancer)
  • Pathologie diverticulaire compliquée (infections récidivantes, abcès ou perforations)
  • Pathologies inflammatoires ou ischémiques

L'opération du colon (colectomie)

Il s’agit d’une intervention lourde qui se réalise sous anesthésie générale. Elle dure, en général, de 1 à 3 heures et se réalise de plus en plus en cœlioscopie (à l'aide de 3 orifices de 10 à 15 mm et une cicatrice d’appendicectomie du côté droit de l’abdomen), y compris en cas de cancer. Elle peut néanmoins être transformée en une incision traditionnelle en raison de difficultés dues à des adhérences, par exemple.

L'intervention consiste à enlever le colon malade et à remettre bout à bout les deux segments digestifs restants. Cette anastomose est le plus souvent effectuée avec des pinces automatiques qui agrafent le colon.

Lorsque l'intervention est terminée, vous êtes transféré en salle de réveil. On y surveillera votre état de conscience, votre pouls, votre saturation en oxygène, votre respiration et les drains éventuels. Exceptionnellement, vous pouvez avoir une sonde naso gastrique c'est à dire un tuyau passant par le nez et qui va dans l'estomac pour aspirer son contenu. Vous pouvez également avoir des drains, c'est à dire des tuyaux qui vont aspirer les sécrétions qui pourraient s'accumuler dans l’abdomen. Enfin vous aurez une  sonde urinaire pour surveiller votre diurèse, c'est à dire la quantité d'urine émise par jour.

colectomie

  • Le soir ou le lendemain de l'intervention, vous serez, en général, levé.
  • Les sondes et drains seront progressivement enlevés dans les jours suivants.
  • La durée d'hospitalisation varie le plus souvent de 4 à 10 jours après l'intervention, essentiellement en fonction de la reprise du transit.
  • Vous reprendrez l'alimentation progressivement,, en commençant d'abord par la boisson puis progressivement les aliments solides.
  • Les pansements et les drains sont surveillés régulièrement.
  • La reprise du transit intestinal, marqué par l'émission de gaz, est très importante pour un retour vers la fonction normale.

Après votre sortie, vous pourrez avoir votre alimentation normale. Il n'y a pas lieu de donner de régime particulier lié à l’opération. Progressivement vous pourrez reprendre une activité normale, au bout de 3 semaines si vous avez été opéré par cœlioscopie. Si vous avez été opéré par laparotomie, c'est à dire avec une incision classique, il faudra porter une ceinture abdominale et la reprise d'activité normale se fera en moyenne 4 à 6 semaines après l'intervention pour les efforts physiques.

Les complications opératoires

Il s'agit des complications liées à toute chirurgie abdominale :

  • la phlébite,
  • l'embolie pulmonaire,
  • l'hémorragie, 
  • l'infection (sur incision, cathéter, drain ou sonde),
  • l’occlusion et le bride intra péritonéale.

Pendant l'intervention, il est possible de devoir convertir, c'est à dire d'ouvrir, en cas de remaniements locaux ou adhérences

Parmi les complications propres à la chirurgie du colon, on retrouve :

  • Difficultés anastomotiques per opératoires : une suture réalisée sur des organes malades peut présenter un aspect jugé fragile. Un anus artificiel temporaire (stomie) est alors réalisé pour protéger cette suture le temps nécessaire à la cicatrisation (en moyenne 2 mois).
  • Fuite de l'anastomose (fistule) avec abcès profond et péritonite post opératoire pouvant nécessiter un traitement complémentaire radiologique (drainage) ou chirurgical (avec éventualité d’une stomie temporaire).
  • Plaie de l'uretère : l'uretère qui conduit l'urine du rein à la vessie est très proche du colon ; il peut parfois être lésé, nécessitant l'intervention d'un urologue.
  • Abcès de paroi : la chirurgie du colon est une chirurgie à haut risque d'infection, le colon étant un organe colonisé par des bactéries. Le traitement de l'abcès de paroi est simple et nécessite exceptionnellement une réintervention.

La surveillance ultérieure

En cas d'intervention pour sigmoïdite :

Après une sigmoïdectomie pour sigmoïdite, les fonctions digestives retrouvent  leur normalité, il n'y a pas lieu de réaliser de surveillance particulière, et aucun examen à titre systématique n'est justifié.

En cas d'intervention pour cancer :

  • Le colon enlevé est analysé pour évaluer le stade de la tumeur.
  • En fonction de ce  stade une chimiothérapie peut être proposée afin de diminuer le risque de récidive.
  • Une surveillance régulière est indispensable. Elle est conduite par l'équipe de Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (chirurgiens, gastroentérologues, chimiothérapeutes, radiothérapeutes) en collaboration avec le médecin généraliste.
  • Elle nécessite régulièrement une radiographie des poumons, une échographie abdominale ou un scanner, une prise de sang et, avec une fréquence plus faible, une coloscopie.
  • La fréquence de ces examens est définie dans chaque cas.

En cas de stomie :

Lors de l'hospitalisation, une infirmière stomathérapeute vous rendra visite pour vous expliquer l’appareillage et le fonctionnement de la stomie et vous aider à dédramatiser vos problèmes quotidiens éventuels.

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