Hémorroïdes internes et externes : symptômes et traitement

Cet article fait référence à la Chirurgie Viscérale et Digestive. Il a été rédigé par des chirurgiens viscéraux et digestifs exerçant à Mâcon.

Qu'est-ce que la maladie hémorroïdaire ?

hemorroidesLa maladie hémorroïdaire est due à l’hypertrophie des veines hémorroïdaires qui cheminent dans l’épaisseur du canal anal. Ce canal anal se situe entre l’anus et le rectum. Cette pathologie est fréquente, bénigne mais parfois invalidante.

On distingue deux types d'hémorroïdes :

  • Les hémorroïdes internes, situées en haut du canal anal.
  • Les hémorroïdes externes, situées en bas du canal anal.

Les facteurs favorisant leur survenue sont des facteurs  familiaux mais aussi la constipation chronique et la grossesse.

Quels sont les symptomes de la maladie hémorroïdaire ?

Certaines hémorroïdes peuvent rester latentes et ne donner aucun symptôme. Elles peuvent cependant donner lieu à 4 types de troubles :

  • La crise œdémateuse : C’est une sensation de pesanteur au niveau de l’anus, souvent accompagnée de démangeaisons. L’examen clinique retrouve une inflammation des hémorroïdes, le plus souvent internes  et la crise cède généralement spontanément en quelques jours avec un traitement médical adapté.
  • La thrombose hémorroïdaire : Elle correspond à la formation d’un caillot sanguin au niveau d’une hémorroïde. Le signe principal est une douleur anale intense, d’apparition très brutale, avec la présence d’une boule dure et violacée. Elle disparaît généralement en quelques jours avec un traitement médical adapté. mais peut nécessiter une évacuation du caillot en urgence.
  • Les saignements (rectorragies) : Il s’agit de sang rouge de faible abondance survenant lors de la défécation. Leur persistance peut causer une anémie.
  • Le prolapsus hémorroïdaire qui correspond à l’extériorisation réductible ou non d’hémorroïdes internes.

Quel est le traitement de la maladie hémorroïdaire ?

paquets_hemorroidairesLe traitement des hémorroïdes n’est pas nécessairement chirurgical et peut faire appel initialement à des méthodes médicales ou instrumentales. L’absence de réponse favorable aux traitements médicaux, éventuellement associés à des procédés locaux (injections sclérosantes ou ligature élastique) peut conduire à envisager un traitement chirurgical. Un  lavement doux est réalisé quelques heures avant l’intervention. La dépilation de la zone opératoire n’est pas nécessaire.

L'intervention se réalise, selon les cas, sous anesthésie générale ou sous anesthésie loco-régionale (rachi-anesthésie), Il existe actuellement deux techniques principales :

  • La première consiste en l’ablation complète des paquets hémorroïdaires. On l’appelle hémorroïdectomie pédiculaire de MILLIGAN et MORGAN. Les suites sont un peu douloureuses, c’est pourquoi une injection locale d’anesthésiant sera réalisée à la fin de l’intervention et une prescription de médicaments contre la douleur et la constipation sera remise à la sortie de la clinique.
  • La deuxième intervention proposée, dans certains cas, s’appelle anoplastie circulaire de LONGO. Elle consiste à agrafer puis sectionner à l’aide d’une pince automatique les veines hémorroïdaires situées dans l’épaisseur de la paroi du canal anal.

Les hémorroïdes sont donc laissées en place, s’assèchent en quelques semaines et se rétractent. Les agrafes s’éliminent spontanément lors des selles.

La Polyclinique a été élue « centre de référence dans la technique de LONGO » depuis 2000 : les praticiens forment leurs collègues chirurgiens à cette intervention.

intervention_hemorroidesQuelles sont les suites de l'intervention ?

Lorsque l'intervention est terminée, vous êtes transféré en salle de réveil. On y surveillera votre état de conscience, votre pouls, votre saturation en oxygène, votre respiration. Le soir  vous serez levé. La durée d'hospitalisation est de 24 à 48  heures généralement (délai d’apparition des premières selles). Vous reprendrez l'alimentation le soir même de l’intervention et dès le lendemain de façon tout à fait normale.

Pendant votre convalescence, vous pourrez avoir une alimentation normale. Un traitement par laxatifs doux est prescrit. Des médicaments contre la douleur seront systématiquement délivrés. Aucune surveillance ultérieure n’est nécessaire en dehors de la consultation post-opératoire habituelle qui a lieu 1 mois après l’intervention. Il faut toutefois veiller à éviter les épisodes de constipation.

Quelles sont les complications de l'intervention ?

La principale complication peut être un saignement dans les heures qui suivent l’intervention. Si ce saignement est important, une reprise chirurgicale s’impose. Il s’agit d’une complication rare. On cite aussi le risque d’une rétention aiguë d’urine, qui nécessite parfois la pose d’une sonde urinaire de façon temporaire. A distance de l’intervention, les séquelles sont également très rares. Il peut s’agir de sténose cicatricielle du canal anal ou de problème d’incontinence.

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