Opération de l'hernie inguinale

Cet article fait référence à la Chirurgie Viscérale et Digestive. Il a été rédigé par des chirurgiens viscéraux et digestifs exerçant à Mâcon.

Qu'est-ce que la hernie inguinale ?

hernieLa hernie est le passage d'une partie du contenu de l'abdomen (frange de graisse, intestin ...) à travers un orifice naturel de la paroi abdominale. Cet orifice, chez l'homme, contient les éléments du cordon spermatique (vaisseaux et canal qui vont au testicule). Les facteurs favorisant la hernie inguinale sont la constipation, les difficultés pour uriner, la toux et l’obésité.

Quels sont les risques d'une hernie ?

  1. Le plus fréquent est l’accroissement progressif du volume du sac herniaire, source de gêne locale, croissante, entravant la marche, les efforts et les poussées abdominales. Cette prise de volume s’étale sur quelques mois ou quelques dizaines d'années.
  2. Le deuxième risque, plus rare, mais beaucoup plus grave est également peu prévisible : il s'agit de l'étranglement. C'est l'incarcération d'un fragment d'intestin qui est coincé dans de l'orifice herniaire et ne peut pas réintégrer l'abdomen. La douleur est généralement très vive. Une intervention en urgence s'impose pour éviter la gangrène intestinale.

Quel est le traitement ?

Le seul traitement raisonnable est chirurgical ; toute tentative de contention par bandage est illusoire et ne met pas à l’abri de complications

intervention_hernie

Quels sont les différentes types d'intervention ?

1. L'intervention traditionnelle

Elle se fait par une incision  inguinale. Elle peut, dans certains cas être réalisée sous anesthésie locale,  locorégionale (rachianesthésie), mais le plus souvent générale.La réparation peut se faire de deux façons :

  • Soit par suture musculaire et reconstruction du trajet anatomique en chicane.
  • Soit par utilisation d'un renfort prothétique, c'est à dire une plaque synthétique, issue de nylon, qui a l'avantage de supprimer toute tension sur les muscles et s’incorpore progressivement dans la paroi. Comme pour toute introduction de corps étranger, il existe un très rare risque  d'infection de la plaque.

Cette technique classique nécessite généralement une hospitalisation de 2 à 4 jours, mais peut être réalisée en ambulatoire dans certains cas. Elle est suivie d'une sensation de gène au niveau de l'aine qui s'estompe généralement en 8 jours. L’application de glace au niveau de la cicatrice est vivement conseillée. Le taux de récidive ultérieur est  faible.

Les complications sont rares :

  • rétention urinaire post opératoire,
  • hématome local, infection locale,
  • douleur locale persistant quelques semaines ou mois.

Exceptionnellement, on décrit une phlébite du cordon spermatique, obturation des vaisseaux qui vont au testicule, pouvant entrainer une atrophie testiculaire. Il existe aussi les complications liées à toute chirurgie abdominale : phlébite, embolie pulmonaire, hémorragie. Les activités professionnelles, s'il ne s'agit pas d'un travail de force peuvent reprendre vers le dixième jour. Les activités de force nécessitent un arrêt de travail de trois semaines à un mois. Votre chirurgien vous donnera des conseils à ce sujet lors de la consultation post opératoire. La solidité définitive n'est acquise qu'au bout de 3 mois au moins. La récidive herniaire à distance est prévenue par le respect de ces consignes.

2. L'intervention réalisée par cœlioscopie

Cette technique impose l'anesthésie générale. Le chirurgien insuffle l’abdomen avec du CO2, puis introduit une mini caméra et les instruments. Dans ce type d’intervention, on observe parfois des douleurs sous les côtes et au niveau des épaules, mais la douleur au niveau de l'aine est moins importante que par voie traditionnelle.

Ces avantages sont contrebalancés par un certain nombre d'inconvénients :

  • La cœlioscopie impose la mise en place d'une plaque, avec les risques d’infection cités plus haut.
  • Il existe des complications liées à la cœlioscopie: accidents dùs au gaz insufflé et aux trocarts instrumentaux.
  • Les complications locales sont plus rares que dans l'intervention traditionnelle, mais il peut exister des hématomes au niveau de la bourse du coté opéré.

Votre chirurgien vous donnera le choix entre ces différentes techniques, tout en vous conseillant plutôt l'une d'entre -elle, en fonction de votre constitution, de votre état de santé et du volume de la hernie.

Durant l'opération, les chirurgiens mettent en place des plaques autocollantes faisant diminuer le facteur douleurs locales, ce qui permet un départ plus tôt.

La prise en charge ambulatoire

Il s’agit d’une intervention comportant une sortie le jour même de l’admission. La cure de hernies en ambulatoire devient un traitement de référence. C’est la volonté de l’Assurance Maladie. Des produits et des techniques ont été conçus spécifiquement et offrent de nombreux avantages. Au moment de la sortie, vous aurez revus le chirurgien et l’anesthésiste et les ordonnances vous seront remises (antalgiques, pansements éventuels) ainsi que votre arrêt de travail. Le soir de votre retour, en cas d’œdème ; appliquez de la glace et prenez le traitement tel que prescrit. Vous pourrez boire et manger légèrement le soir même. Dans les jours suivants , il est fréquent de sentir un cordon dur au niveau de la plaie ; il disparaîtra avec le temps.

Quelques conseils :

  1. Eviter de porter ou soulever des objets lourds, de pratiquer une activité sportive tant que vous n’aurez pas revu votre chirurgien en consultation post opératoire.
  2. Eviter les bains, préférer les douches tant que vous avez encore des fils.
  3. Eviter la conduite pendant une semaine environ
  4. Vous devez rapidement prévenir l’établissement en cas de :
  • fièvre persistante
  • frissons
  • saignements
  • ventre gonflé et dur
  • difficulté à uriner
  • nausées et vomissements persistants

Vous serez contacté par téléphone le lendemain de votre sortie afin d’évaluer les suites post opératoires. Vous pouvez de toute façon contacter votre chirurgien à la moindre inquiétude. L’établissement a été retenu « centre de formation »  depuis 2011 pour la mise en place d’une plaque auto-adhésive dans la cure des hernies inguinales.

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