Traitement d'un kyste sacro soccygien (kyste du sinus pilonidal)

Cet article fait référence à la Chirurgie Viscérale et Digestive. Il a été rédigé par des chirurgiens viscéraux et digestifs exerçant à Mâcon.

Qu'est-ce qu'un kyste sacro coccygien ?

kyste-sacro-coccygien-abcedeLe kyste sacro-coccygien (ou kyste du sinus pilonidal) est une affection très fréquente et bénigne, observées chez des sujets jeunes, vers l'âge de 20 ans. Il affecte plus souvent les garçons. Son origine est assez mal connue. Il pourrait s'agir, soit d'affection congénitale, soit d'affection acquise par anomalie de la pousse des poils ou par des traumatismes minimes et répétés de la région du sacrum.

Quels sont les signes du kyste sacro coccygien ?

Les patients consultent le plus souvent pour un abcès apparaissant au sommet du pli inter-fessier, douloureux et rendant la position assise difficile voire impossible. Le diagnostic est fait en constatant l’existence au sommet du pli fessier d’un ou plusieurs petits orifices qui ressemblent à des pores dilatés de la peau. Parfois, il existe une petite touffe de poils émergeant par l’un des orifices.

Quel est le traitement ?

Vue-operatoire-apres-exereseLe traitement des kystes sacro-coccygien n’est que chirurgical et aucun antibiotique seul ne peut les guérir. L'intervention se réalise le plus souvent sous anesthésie générale. Elle dure en moyenne une dizaine de minutes et consiste en l’ablation complète de toute la zone malade.

Si la lésion est propre, on peut refermer la peau par une suture. Si, au contraire, la lésion est infectée, il faut laisser la plaie ouverte, en introduisant une mèche, en attendant une cicatrisation secondaire. C’est une technique éprouvée, évitant au maximum les récidives, mais avec une convalescence longue (près de deux mois). Lorsque l'intervention est terminée, vous serez transféré en salle de réveil. On y surveillera votre état de conscience, votre pouls, votre saturation en oxygène, votre respiration.

Le soir de l'intervention, vous serez levé. La durée d'hospitalisation est de 24 heures généralement mais une hospitalisation ambulatoire, c’est-à-dire sur une seule journée,  est possible dans certains cas. Vous reprendrez l'alimentation le soir même de l’intervention et dès le lendemain de façon tout à fait normale. Le pansement est surveillé.

Pendant votre convalescence, vous pourrez avoir une alimentation normale. Il n’y a pas lieu de donner de régime particulier lié à l’intervention. Des médicaments contre la douleur vous seront systématiquement prescrits.

Si la plaie est ouverte (en cas d’abcès) des soins infirmiers à domicile sont obligatoires. Ces soins sont quotidiens, durent plusieurs semaines et consistent à changer le pansement (mèche). Ce pansement doit rester propre et l’apparition de douleur, d’inflammation ou de fièvre doit alerter et faire consulter à nouveau le chirurgien. La reprise des activités physiques totales ne pourra se faire que plusieurs semaines après l’intervention. Aucune surveillance ultérieure n’est nécessaire en dehors de la consultation post-opératoire habituelle qui a lieu 1 mois après l’intervention. Il faut toutefois veiller à éviter la repousse des poils dans la région sacro-coccygienne, source de récidives.

Complications de l'intervention

La survenue d’un saignement secondaire est possible, bien que rare, et sera traité par compression. Ce n’est qu’en cas de saignement plus important qu’une reprise chirurgicale au bloc opératoire sera réalisée afin d’arrêter l’hémorragie.

Si la plaie a été refermée directement, une surveillance régulière du pansement doit être réalisée par le médecin traitant ou le chirurgien, pendant quelques jours, afin de s’assurer que la cicatrisation se déroule normalement, sans apparition d’un abcès secondaire.

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